Bakir Abismail, le bagne en héritage
Plusieurs centaines d'hommes embarqués de force. Enchaînés dans la cale. Direction la Guyane...
C'est le convoi du 9 septembre 1931. Le père de Bakir en faisait partie. Condamné pour complicité de meurtre lors d'une sombre histoire de crime d'honneur à la Casbah d'Alger, il écope de 15 ans de travaux forcés. Une vie volée à l'autre bout du monde.
Pendant des décennies, Bakir a cherché. Les archives d'Aix-en-Provence. Les lettres jamais répondues d'une mère qui suppliait son fils de rentrer. La fiche anthropométrique de 1931 — son père, tenue rayée, regard droit, fichée comme un grand criminel. Et en 2026, il a fini par débarquer en Guyane. Marcher dans les rues de Saint-Laurent-du-Maroni. Frapper aux portes. Se rendre à l'adresse où son père a vécu à sa sortie de prison.
Ce qu'il a trouvé là-bas, c'est plus qu'une histoire de famille. C'est l'histoire silencieuse des bagnards maghrébins — Algériens, Tunisiens, Marocains — que personne ne raconte. L'enfer du bagne. Leurs lettres perdues. Leurs noms gravés nulle part.
Ça ne méritait pas tout ça. Mais c'est une vie. Et Bakir va l'écrire.
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