Nommer Dieu, nommer Jésus : la peur du regard des autres et d'être mise dans une case
Ce mois de mars, j'ai fait le carême pour la première fois. Sans mode d'emploi. Sans appartenance affichée. À ma sauce, comme toujours — avec le jeûne, les prières en araméen, en hébreu, en arabe, avec mon mala et mon rosaire, avec mon tambour chamanique et les textes des évangiles.
Je m'attendais à quelque chose d'intense. À être traversée par la grâce, comme pendant l'Avent. Ça n'a pas été ça. Ça a été autre chose. Quelque chose de plus discret et finalement de profond.
La révélation est venue avec Pierre.
Pierre : l'apôtre qui renie Jésus trois fois après son arrestation, par peur. Celui qui pourtant l'aimait profondément.
Quand je me suis demandé pourquoi Pierre m'agaçait, la réponse est arrivée nette, sans détour.
Parce que Pierre, c'était moi dans mon reniement.
Je travaille depuis plus d'un an avec les énergies christiques dans mes soins. Je prie Jésus, Marie, Marie-Madeleine chaque jour. Moi qui aime profondément ses enseignements : cette manière limpide, simple, radicale qu'il a d'aller à la source de l'amour et de la souveraineté intérieure.
Et pourtant, je ne nommais pas son nom.
J'utilisais "le divin". "L'énergie christique". "La source". Tout plutôt que de dire : Jésus. Par peur d'être catégorisée. Par peur de perdre des abonnés. Par peur qu'on me rentre dans une case que je passe ma vie à déconstruire.
Sauf que cette semaine sainte m'a donné une carte. Littéralement. En tirant les cartes pour mes cours de yoga, j'ai eu le Verbe. Le Verbe créateur : celui qu'on retrouve dans toutes les traditions, en hébreu, en araméen, dans l'islam, dans l'hindouisme. Le son à l'origine de la création. Le pouvoir de nommer pour faire exister.
Et là j'ai compris.
Ce qui m'éloignait de Dieu ( mon intention de carême depuis le début ) c'était précisément ça. Ne pas oser nommer. Renier par peur du regard. Faire comme Pierre.
Nommer, c'est faire exister. Nommer Jésus, c'est m'autoriser à exister pleinement dans ma foi. Pas la foi rentrée dans une case. La foi d'une femme qui aime ses enseignements d'amour, qui les croise et qui n'a pas à choisir entre tout ça.
Alors aujourd'hui, je nomme.
Parce que mettre les mots dans la matière, c'est ce que j'invite à faire depuis le début et il était temps que je commence par moi.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Powered by Ausha 🚀