La honte qui fait taire
À quoi ça sert, la honte ?
On croit qu'elle protège, qu'en cachant les choses difficiles, on épargne ceux qu'on aime. Et si, la plupart du temps, elle ne protégeait personne ? Si elle abîmait, au contraire, tous ceux qu'elle prétend protéger ?
Ce deuxième volet du Fil de Tomás prolonge les épisodes où l'histoire s'assombrit : Tomás découvre qu'avant lui, il y a eu une petite fille, confiée. Et derrière un mur, il surprend sa mère et son oncle se disputer autour d'un seul mot, « la honte ». Toute une famille avait organisé sa vie autour de ce mot : une photo retirée d'un cadre, un prénom effacé, un enfant à qui on ment pendant dix ans.
On y dit une chose simple et essentielle : confier un enfant n'a jamais été une honte. C'est un choix courageux, et déchirant. Mais la société a longtemps pointé ces femmes du doigt, alors elles se sont tues, et cette honte qui ne leur appartenait même pas, elles l'ont transmise sans le vouloir. Car c'est ça, le poison de la honte : elle ne reste jamais chez celui qui la porte. Elle déteint. Sur l'enfant parti, et sur l'enfant resté.
Et on y écoute la peur la plus rare : celle de l'enfant qui reste. « Et moi alors ? Est-ce que tu m'aurais donné, moi aussi ? Suis-je remplaçable ? » À cette peur, il n'y a qu'une réponse : la vérité, dite avec des mots.
Un épisode pour les mères de naissance, pour les familles qui portent un secret et pour tous ceux qui, quelque part, ont appris une histoire à voix basse.
Y a-t-il, dans ta famille, une honte qui n'en était peut-être pas une ?
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