Dialogue national en RDC : des signes d’ouverture, mais toujours pas de cadre
Depuis l’annonce d’un dialogue national inclusif, l’opposition n’a cessé de multiplier les sorties médiatiques pour poser ses préalables. Elle réclame notamment la décrispation du climat politique : libération des prisonniers politiques, restitution des passeports confisqués et abandon du projet de changement de Constitution.
Aujourd’hui, quelques gestes ont été posés. Mais à la veille de l’échéance du 15 août fixée par la Coalition Article 64 (C64), le cadre du dialogue reste inconnu. Ces signaux traduisent-ils une véritable ouverture ou servent-ils surtout à gagner du temps et à conserver la maîtrise du processus ?
Bonjour,
Je suis Michel Nonga, fellow au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 32e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 14 août 2026.
Ces derniers jours, une série de signaux a donné l’impression d’une ouverture du pouvoir vers la convocation d’un dialogue national inclusif. L’opposant Olivier Kamitatu a récupéré son passeport. Les dossiers judiciaires d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’Aubin Minaku ont été transférés à l’auditorat militaire général. Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, des évêques et plusieurs personnalités ont également participé à une réunion au Palais de la nation autour du président de la République. Enfin, Félix Tshisekedi a renvoyé à l’Assemblée nationale, pour une nouvelle délibération, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum, qu’il pouvait pourtant promulguer.
Que nous apprennent alors ces premiers signaux ?
Trois leçons peuvent se dégager.
Premièrement, le moment choisi donne à ces mesures une portée politique.
Toutes ces séquences interviennent en effet moins d’un mois après l’annonce, le 17 juillet, de l’organisation d’un dialogue national inclusif. Trois jours plus tard, la C64 avait reporté sa marche prévue le 22 juillet pour « donner une chance » à ce dialogue. Elle avait toutefois fixé au pouvoir une échéance : le processus devait être officiellement convoqué au plus tard le 15 août et précédé de mesures de confiance et de décrispation. La C64 demandait également l’abandon du projet de changement de Constitution.
Rien ne permet d’établir que ces gestes posés depuis répondent directement à l’ultimatum de la C64. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a d’ailleurs affirmé que l’agenda du président de la République ne répondait à « aucune forme d’ultimatum ». Mais leur proximité avec l’échéance fixée par l’opposition permet de les interpréter comme une réponse au moins partielle aux demandes de décrispation.
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