Fatma Nakib : «Être coordinatrice d’intimité, c’est préserver une intégrité physique et émotionnelle»
Fatma Nakib : «Être coordinatrice d’intimité, c’est préserver une intégrité physique et émotionnelle»
Professionnelle du spectacle vivant, ancienne adjointe au Maire de Montpellier à l'égalité et aux droits des femmes, désormais déléguée aux «Affaires militaires, mémoire et commémorations», Fatma Nakib a choisi, à 55 ans, un «nouveau métier» qui révolutionne les tournages : «coordinatrice d’intimité».
La mission de Fatma Nakib : préparer les scènes intimes, les «chorégraphier». Pour son premier film -un téléfilm sur le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles-, elle a épluché le scénario, rencontré chaque comédien et comédienne séparément pour créer «un espace de confiance».
Une forme de médiation s’opère entre les acteurs et actrices, la réalisation et les équipes techniques. «Si la comédienne ne veut pas qu’on voit son sein, on adapte». La seule présence de la coordinatrice d’intimité «visibilise» les violences possibles sur le plateau.
La loi vient en appui : un consentement accordé à une scène peut être modifié en cours de tournage. Autant qu’une intégrité physique, c’est aussi «une intégrité émotionnelle» à préserver.
Mais faire accepter cette nouvelle fonction au cinéma -issue des préconisations de la commission d’enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel, présidée par Sandrine- pas toujours simple : «il est très important de ménager des temps de travail et de préparation». Et la France est encore pauvre en structures de formation.
Entretien Claire Videau
Musique : Suzane, Je t’accuse.
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