Les pionnières
« Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d'accord. Mais qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu'elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! ».
C’était il y a un siècle, sous la plume d’Henri Desgrange, alors patron de presse et créateur du Tour de France.
Il a fallu attendre 1970 pour que la FĂ©dĂ©ration Française de Football reconnaisse officiellement la pratique fĂ©minine. Et pourtant, depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , des jeunes femmes jouaient, elles aussi, au foot. Et pas seulement dans les grandes villes. A Chateauroux notamment, une bande de filles s’est organisĂ©e en Ă©quipe dès 1968. Bravant quolibets et autres moqueries, elles ont rĂ©ussi Ă imposer leur jeu tous les week-ends. Ainsi est nĂ©e la première Ă©quipe fĂ©minine de La Berrichonne. Pendant 4 ans, Gilberte Marqueton a fait partie de cette Ă©popĂ©e. A l’époque meneuse de jeu, elle a transmis Ă ses quatre filles son amour du sport.Â
Si toutes ont hĂ©ritĂ© de son goĂ»t de l’effort, c’est avec ValĂ©rie qu’il s’est le plus illustrĂ©. Ancienne ceinture noire de judo, la jeune femme s’est littĂ©ralement prise de passion… pour le rugby!  L’histoire n’étant qu’un Ă©ternel recommencement, elle a dĂ» elle aussi faire fi des prĂ©jugĂ©s sur un sport qu’on jugeait bien trop masculin pour ĂŞtre pratiquĂ© par de « vraies filles ». Â
L’histoire de Valérie, comme celle de sa mère Gilberte, est celle de pionnières qui sont allées au bout de leur passion.
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