L'invité du 7h | 05 novembre 2026 | Alice Anton / Jocelyn Lachance
On parle souvent d’éducation à la sexualité pour les jeunes. On parle beaucoup moins des adultes qui sont censés s’en charger (comme des éducateurs en foyer ou même une infirmière dans un lycée). Sur le papier, la sexualité fait partie de leur mission. Mais dans les faits, les jeunes leur en parlent très peu, y compris quand ils sont en danger. Et ces dangers ont changé de visage : aux risques déjà connus s’ajoutent désormais ceux du numérique, comme la vente de photos intimes sur les réseaux sociaux. Alors pourquoi ce silence ? On pense d’abord aux jeunes, à leur honte, à la peur d’être jugés. Mais il y a peut-être une autre cause, dont on parle moins : le malaise des adultes eux-mêmes. C’est l’hypothèse d’une recherche financée par l’ARS Guyane. Les chercheurs évoquent le manque de formation des professionnels, ou la neutralité que leur imposent les institutions. Sans oublier la question du genre : un éducateur peut-il parler de contraception avec une adolescente sans craindre d’être mal compris ? La particularité de ce travail, c’est qu’il ne porte donc pas sur les violences elles-mêmes, mais sur ce qui vient avant : la possibilité de parler de sexualité tout court. L’idée, c’est qu’un jeune qui ne peut pas parler d’amour ou de contraception avec un adulte aura du mal à lui confier un jour ce qui ne va pas. Pour vérifier tout cela, l’équipe va mener l’enquête sur l’ensemble du territoire. Elle est en Guyane cette semaine pour préparer le terrain. À partir de février, elle rencontrera 30 jeunes de 18 à 25 ans et 30 professionnels, du littoral jusqu’à Camopi et Maripasoula. De ces entretiens doivent sortir un guide et une formation, pour aider ces adultes à ouvrir la discussion.
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